La Ferté-Bernard/ Le centre municipal de santé va ouvrir le 1er septembre
Jean-Carles Grelier, maire, conseiller régional, vient de présenter le projet de centre municipal de santé. Il a été adopté par le conseil municipal en séance de travail le 21 février dernier et il sera opérationnel le 1er septembre prochain.
Constat : Lorsque Jean-Carles Grelier a débuté son mandat en 2008, il avait consulté les médecins de la ville pour qu’ils lui donnent leur sentiment sur la situation médicale et son devenir. Si à l’époque la situation n’était pas préoccupante, elle l’est aujourd’hui. « Trois médecins viennent de prendre la décision légitime de faire valoir leur droit à la retraite, après de nombreuses années d’exercice dans notre ville. D’autres peuvent suivre dans quelques années. Depuis plusieurs mois, la ville s’est mise en recherche de nouveaux médecins. Grâce à une société de marketing, 1 500 ont été approchés, 21 contacts ont été noués, sept rendez-vous fixés et aucun médecins n’a accepté de venir s’installer à La Ferté-Bernard seul ou en maison médicale, précise Jean-Carles Grelier. En 2009, sur les 5 113 médecins généralistes sortis diplômés des Facultés de médecine, 66 % recherchaient un poste de médecin salarié, 28 % préféraient des remplacements pour ne pas s’installer à leur compte et seulement 8,5 % envisageaient d’ouvrir un cabinet libéral, c’est-à-dire 450 médecins pour 36 000 communes. »
Des solutions essayé par les uns et les autres n’ont pas rencontré de succès. Les maisons médicales notamment, financées par l’argent des contribuables, restent souvent vides.
Initiative : A partir du 1er septembre 2011 le centre municipal de santé va ouvrir ses portes au 17, rue Hoche. La ville vient de recruter le Docteur David Authier qui exerce actuellement en libéral dans le sud de la France comme médecin coordinateur. Il sera rejoint par un autre médecin, puis en novembre 2012 deux autres médecins. » Ces médecins exerceront comme les médecins libéraux. Le centre sera ouvert à tous et à la disposition de tous ceux qui n’ont pas déjà un médecin traitant. Des visites à domicile seront proposées aux patients qui ne peuvent se déplacer. Ils assureront leur tour de garde aux côtés des médecins libéraux. » La seule différente pour les patients : au lieu de libeller leur chèque à l’ordre du médecin, ce sera à l’ordre du Trésor Public. Les médecins seront en effet des salariés de la ville, avec les mêmes salaires que leurs homologues exerçants à l’hôpital.
Il sera d’ailleurs question de créer un véritable pôle médicale à l’extérieur de l’hôpital avec une coopération en bonne intelligence entre les structures.
« L’objectif de notre de nouvelle structure n’est pas de gagner de l’argent, mais avant tout de répondre à une attente des Fertois. Les éventuelles bénéfices serviront à faire évoluer la structure. »
Expérience : Les centres de santé ne sont pas nouveaux. Il en existe quelque 1 454 en France, principalement en région Parisienne. Ils ont fait preuve de leur efficacité. En revanche, il s’agit d’un premier centre municipal de santé en Sarthe et en Région Pays de la Loire. « Nous avons reçu l’aval de l’agence régional d’hospitalisation. Elle va suivre de près notre expérience qui pourra servir d’exemple. »
Une initiative qui peu choquer certains : « Notre intervention repose sur la carence du secteur libéral à assurer son propre renouvellement. Il s’agit d’une mesure d’intérêt général puisqu’elle concerne toute la population. Je tiens d’ailleurs à préciser que si demain d’autres secteurs de la santé et notamment la chirurgie dentaire rencontrait les mêmes difficultés, nous apporterions la même réponse. La ville a décidé de prendre ses responsabilités comme nous l’avions fait, en son temps, pour le scanner de l’hôpital. »
Réactions : Les premières réactions des médecins installés sont plutôt positif. Certes, le principe ne les ravit pas trop, mais ils sont forcé de constater que le secteur libéral n’attire plus les candidats. « Si demain des médecins libéraux viennent s’installer ils auront la priorité et nous adopteront le fonctionnement de notre centre en conséquence. Cependant, on ne se fait guère d’illusion : nous avons exploré toutes les pistes de recrutement qui jusqu’à présent fonctionnait. Il faut aujourd’hui explorer d’autres pistes. Beaucoup de villes sont dans des situations similaires et je propose d’ailleurs à mes collègues de la communauté de communes de travailler en coopération. »